À l’occasion de la première édition du Forum sur le secteur privé, placé sous le thème « Construire des voies durables et inclusives pour le développement », les principaux acteurs économiques, politiques et institutionnels du Burkina Faso se sont retrouvés au Lancaster Hôtel de Ouagadougou pour échanger sur les leviers de transformation économique du pays. L’événement, organisé les 27 et 28 mai 2025 à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale et sous le patronage du Premier ministre, a été marqué par une volonté affirmée de co-construire des solutions innovantes et adaptées aux réalités nationales.
Parmi les intervenants de premier plan figuraient Mme Clara Ana De Sousa, directrice de division de la Banque mondiale pour le Burkina Faso, le Tchad, le Mali et le Niger, M. Olivier Buyoya, directeur régional de la SFI pour l’Afrique de l’Ouest, et M. Idrissa Nassa, président de la Confédération Générale des Entreprises du Faso (COGEF). Tous ont souligné le rôle central que joue le secteur privé dans le développement d’une économie résiliente et inclusive.
Des constats préoccupants mais porteurs d’opportunités
Les données partagées durant les travaux ont mis en lumière plusieurs défis structurels : un taux de bancarisation encore faible (23,42 %), une prépondérance des paiements en espèces, et un accès restreint au crédit, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), les jeunes entrepreneurs et les initiatives communautaires en zones rurales.
C’est dans ce contexte que Terra Biga s’est positionnée comme porte-voix d’une alternative innovante : le financement participatif (crowdfunding).
Terra Biga : une solution pour démocratiser l’accès au financement
Face aux limites des circuits de financement classiques, Terra Biga propose une approche inclusive et communautaire. En mobilisant l’épargne locale et celle de la diaspora autour de projets sociaux, agricoles ou entrepreneuriaux, le financement participatif permet de contourner les rigidités du système bancaire tout en renforçant la cohésion sociale.
« Il ne s’agit plus uniquement de soutenir des entreprises, mais de bâtir une économie enracinée dans les réalités locales, où chaque citoyen devient acteur du changement », explique un représentant de Terra Biga.
Ce modèle trouve d’autant plus sa pertinence que les autorités, à travers les propos du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, ont exprimé leur volonté de refonder l’économie nationale sur une base souveraine, durable et inclusive, en misant sur la synergie entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.
Un appel à l’action collective
Terra Biga appelle ainsi les institutions publiques, les acteurs privés et les partenaires internationaux à s’engager dans la mise en place d’un cadre légal et technique adapté au financement participatif au Burkina Faso. Plusieurs pays africains – comme le Sénégal, le Maroc ou le Kenya – ont déjà amorcé ce virage, avec des résultats encourageants pour l’inclusion financière.
Le forum a d’ailleurs montré que les opportunités ne manquent pas : 29 projets sont actuellement financés par la Banque mondiale au Burkina Faso, pour un montant de plus de 2 300 milliards de francs CFA, selon Mme De Sousa. La complémentarité entre ces initiatives structurantes et des solutions innovantes comme le crowdfunding pourrait accélérer la transformation économique tant souhaitée.
En conclusion
La tenue de ce forum marque un tournant stratégique. Elle révèle une volonté partagée de faire du secteur privé un moteur de croissance et de résilience, à condition de libérer les énergies locales et les capacités de financement citoyennes. C’est dans cette optique que Terra Biga entend poursuivre son plaidoyer, convaincue que le financement participatif est non seulement une nécessité, mais une opportunité historique pour le Burkina Faso.